Roxana PÁEZ

Le sol continue à  baisser et  le ciel à monter

 

La petite assiette avec des mégots des jours enfumés.

 

Un chemin sur la table,

des bouts de papiers, par là courent les restes

qui neigent les sauts d’insectes de la lumière.

 

Mmm, si après les cendres

l’amour pouvait attendre…

 

Un autre vent a été celui

qui porta mon père

à ma bouche.

 

Avec maman

au bord de l’eau, voilà dans la boîte

quelque chose de lui,

enfin, après toutes ces années, du jamais vu.

 

Cuir sont les cendres, impossible de les jeter là

entre les ordures de glace et les pelures de fruits.

Il a fallu gravir le ravin.

 

Mon frère silencieux

regardait l’eau.

 

L’eau était lumière, toute lumière sans couleur.

 

Le vent insistait, insistait pour nous le rendre

jusqu’à nous le faire sentir à nouveau

vivant.

 

Et mon père envahissait

nos cheveux par les ouvertures du col.

Nous le respirions

déroutés car personne ne nous avait dit :

les cendres reviennent.

 

 

Nous l’écoutions rentrer dans nos oreilles

 

tant qu’à la fin elles nous ont fait pleurer

 

les cendres

aux yeux, sans toucher l’eau.

 

C’est pareil,

l’eau, la terre, le ciel,

a dit maman.

Et dans la cassette

Il restait un peu de poussière

comme de la farine collée

au sac en plastique.

 

Sur ma caricature sous le verre de la table

là où je l’ai écrit,

une autre poussière déposa ses traits

volants,

comme le fantôme d’un geste.

El suelo sigue bajando y el cielo sigue subiendo

 

Un plato de colillas de días humosos.

 

Por un camino de la mesa

entre papeles, corre el residuo

que nieva saltos de insectos de la luz.

 

 

Uhmm, si después de la ceniza

el cariño por ahí esperara…

 

Otro viento fue

el que me trajo a mi padre

a la boca.

 

 

cuando fuimos con mamita

a la orilla y vimos en la caja después de tantos años

algo de él, que nunca

habíamos visto.

 

Ceniza es cuero, no queríamos volcarlo ahí

entre papeles de helado y cáscaras de fruta.

Entonces subimos la barranca.

 

Mi hermano silencioso

miraba el agua.

 

El agua era luz, toda luz sin color.

 

El viento insistía, insistía

en devolverlo

hasta que pudiéramos sentir lo vivo

otra vez.

 

Y mi padre se nos metía

en el pelo, por las aberturas del cuello.

Lo respirábamos

confundidos porque nadie

nos había contado que se vuelven.

 

Lo oíamos entrar en el oído.

 

Hasta que al fin, nos hizo llorar

 

la ceniza

en los ojos, que no llegaba al agua.

 

Es lo mismo

el agua, la tierra y el cielo,

dijo mamá.

 

Y dentro de la caja

un poco de polvo quedó

adherido

a la bolsa de nylon

como

harina.

 

Sobre mi caricatura

en el vidrio de la mesa, donde yo lo escribí,

otro polvillo posó unos rasgos voladores,

como fantasma de un gesto.

 

Traduction de GENEVIÈVE HUTTIN et ROXANA PAEZ


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